MEGAVALANCHE SAINT-PAUL ILE DE LA REUNION - 17ème Edition
La « crème des crèmes » des Riders s’est donc retrouvée sur l’Ile de la Réunion, au cœur de l’Océan Indien, pour la 17ème édition de la Megavalanche.
Même si les éléments se déchainèrent, le feu : Des incendies criminels qui ravagèrent certaines zones concernées par le parcours de la course ; et l’eau : Des trombes de pluie qui s’abattirent durant les journées d’entrainements, tous les acteurs s’accordent pour tirer un bilan toujours grandement positif à l’issue de cette grande classique réunionnaise.
Pour classique qu’elle soit, la Megavalanche a innové pour sa journée de Qualification, puisque c’était la nouvelle formule Enduro, qui allait servir de base pour les positions sur les lignes de départ et la formation des groupes de niveau.
L’Enduro, calqué sur le « rallye automobile » ou « l’Enduro en moto », allait offrir, à près de 400 Riders, un parcours qui reliait la forêt de Tamarin, située juste en dessous du Maïdo, au magnifique domaine golfique de Bassin Bleu, dominant le fameux lagon de St Gilles.
Ces Qualifications permettent d’établir un classement par rapport au cumul des temps obtenus sur 3 Spéciales chronométrées. Comme en Descente Marathon, la polyvalence des concurrents est la principale qualité requise pour la performance.
Le classement général de ce premier Enduro Megavalanche allait être très représentatif de l’éclectisme à appliquer sur ce type d’épreuve : Julien ABSALON (ORBEA), médaille d’or de Cross-Country Olympique, l’emportait devant François BAILLY-MAITRE (SCOTT LES SAISIES), lui aussi évoluant dans cette discipline mais sur des formats marathon et double vainqueur de la terrible Transvésubienne, Remy ABSALON (COMMENCAL), considéré comme le meilleur spécialiste mondial de l’Enduro, prenait la 3ème place, talonné par le talentueux descendeur, Champion de France, Aurélien GIORDANENGO (MONDRAKER FACTORY TEAM), lui-même devançant de peu le très expérimenté, et néo-animateur de la coupe du monde, Karim AMOUR (KONA).
L’énoncé des positions tenues par ces coureurs internationaux, s’exprimant pour chacun dans une spécialité différente, s’avérait, s’il était besoin, que l’Enduro est vraiment le mode d’expression le plus complet pour la discipline VTT.
Derrière ces 5 premiers, près de 400 autres coureurs trouvaient leur place, après avoir apprécié au plus haut point les parcours de liaison offrant des paysages magnifiques, et surtout un mode de course ou les pros et les amateurs se côtoient en toute convivialité.
Cette première journée se terminait en beauté sur un coucher de soleil dont seul l’hémisphère Sud peut faire la démonstration, et dans l’ambiance plutôt cool et confortable de la piscine et des pelouses du Club House de Bassin Bleu.
Les 100 premiers allaient donc se retrouver, Dimanche matin, sur la ligne de départ de la Megavalanche Internationale, les 250 suivants pour la Mega Challenger, et les suivants pour la Mega Amateur.
En raison des furieux incendies qui avaient fait l’actualité ces dernières semaines, le célèbre départ au bord des Remparts du Cirque de Mafate était inaccessible à un événement de l’ampleur de la Megavalanche.
Ainsi, le Comité d’Organisation, en accord avec les services préfectoraux, les gestionnaires forestiers et la sécurité incendie, avait établi la ligne de départ sur la piste Omega, privant les participants de cette 17ème édition de la fantastique piste des « Rempart du Maido » dont la configuration est désormais calibrée spécialement pour le roulage en VTT.
Raccourcie de près de 300m de dénivelée négative, cette partie technique qui, au-delà du plaisir qu’elle procure sur le plan sportif, permet d’étirer grandement les pelotons avant l’entrée fatidique sur les Single Track dans le secteur Jungle.
Les pronostics, pour deviner qui des puissants crosseurs, ou des enduristes, ou des sprinters, que sont les descendeurs allaient partir en tête sur cette piste Omega, dépourvue de passages techniques, s’avéraient hasardeux.
C’est pourtant les frères ABSALON avec François BAILLY-MAITRE, qui allait rater le podium à cause du bri de sa chaine aux deux tiers de la course après un kilomètre de sprint à 7 ou 10 de front sur une piste gravillonnée qui enchaine de grandes courbes et des petites portions d’accélération.
L’entrée du sentier Louis Emile, dans l’espace végétal, était un grand moment de bataille rangée. Karim AMOUR, René WILDHABER (TREK RED BULL), Franck PAROLIN (GIANT - VERTICAL BIKE) et Gustav WILDHABER (ZABOO / PROTEAM RAIFFEISEN) parvenaient à s’extraire pour enchainer les obstacles de toutes sortes, sur ce secteur particulièrement humide, qui se déployaient sous leurs roues.
Les 15 premières minutes imposent aux coureurs une tension afin de faire front aux assauts des poursuivants.
Alors que la tête de course enchaine le secteur, à découvert des prairies bordées de cryptomeria, qui tient lieu de sapins sous cette latitude, les écarts deviennent plus facile à apprécier et c’est le moment de mettre le maximum pour garder un peu de réserve avant le terrible sentier des roches, véritables chaos de pierres de lave, qui achèvent les machines autant que les organismes.
Le Suisse, sept fois vainqueur de la Megavalanche de l’Alpe d’huez, parviendra à dépasser Karim AMOUR à ce moment-là et Franck PAROLIN devra s’incliner devant son homonyme Gustav WILDHABER.
Très bonne performance du réunionnais, Alexandre SICARD (TEAM JULBO SPECIALIZED), qui se maintiendra en 7ème position, terminant devant des pointures tel que Jordan REGNIER (CANNONDALE / AMSL FREJUS), 8ème, Olivier GIORDANENGO (TRIBE SPORT GROUP YETI), 9ème.
A l’arrivée du site historique du Moulin Haut, berceau de l’Ile de la Réunion, les deux frères ABSALON choisiront de passer la ligne main dans la main, après avoir mené la course alternativement au gré de leur extraordinaire capacité physique et technique.
Pour le groupe Dames, c’était attendu, Anne-Caroline CHAUSSON (IBIS), médaillée d’or des JO de Pékin, emportait devant la Suissesse Karina CAPPELLARI et la jeune Française, victorieuse de l’Europ Cup Maxiavalanche, Morgane SUCH (TEAM MASSILIA BIKE SYSTEM).
Consultez le programme de la Megavalanche de St Paul ICI
Découvrez le tracé en 3D de la Megavalanche de La Réunion ici.
MEGAVALANCHE Saint Paul : J - 4
Pour sa 17ème édition, l’épreuve reine du VTT de l’Océan Indien innove avec sa nouvelle formule de qualifications, qui prendra la forme de l’Enduro samedi, le plébiscite des riders réunionnais, avec encore un nombre record d’inscrits, et la présence des meilleures pointures internationales de la discipline accompagné de riders métros et étrangers en nombre croissant.
Le très bon travail effectué par l’équipe de Jean-Louis PARIS et du Comité Régional du Cyclisme ajouté à la sanctuarisation, depuis l’édition 2010, du tracé de la Megavalanche dans la partie Parc National et zone forestière, laissait augurer une édition qui ferait la part belle au sport de haut niveau et au seul plaisir que procure la descente VTT auprès de plus de 400 participants.
C’était sans compter sur les avatars, provoqués par les incendiaires, imposant depuis près d’un mois des prises de décisions et des adaptations en phase avec les obligations de sécurité et les dispositions de contrôle, induites par ces mauvaises intentions qui consument l’un des patrimoines majeurs de l’Ile.
Alors, avec le concours des services en charge des foyers d’incendies et leur contrôle, celui de la gendarmerie et tous les acteurs concernés, les instances préfectorales, en concertation avec la Direction du Comité d’Organisation, ont approuvé des solutions qui vont permettre à tous les « addicts » de la glisse en VTT de participer, dans les meilleures conditions possibles, aux entrainements et aux courses de la Megavalanche 2011.
Ainsi, les concurrents régulièrement inscrits, figurant sur la liste officielle du 21 Novembre 2011, ont exceptionnellement accès, pour les entrainements individuels, aux différentes pistes, notamment Omega et Route forestière des Tamarins, à condition toutefois qu’ils se soumettent aux contrôles de police en arborant une pièce d’identité au moment d’y accéder.
Pour les journées officielles d’essais, Jeudi et Vendredi matin, la plaque de course fera office de laissé passer.
Pour le nouveau programme de Samedi, qui marquera la première organisation d’Enduro de la région, le mode opératoire est basé sur un parcours balisé entre le Parc des Luges du Maïdo et le Golf de Bassin Bleu de Villèle.
Ce parcours de liaison doit être réalisé dans des temps imposés, calculés sur un rythme randonnée « souple », et il sera ponctué de trois Spéciales chronométrées en Descente.
Le classement de ces trois Spéciales, servant de base à l’établissement des groupes de niveau et le positionnement sur les lignes de départ de la Megavalanche de Maïdo.
Dimanche, l’accès au Sommet du Maïdo étant très sensible, en raison des risques d’encombrement en cas d’enclenchement inopiné d’un nouveau foyer d’incendie, les services en charge de la sécurité du département et le Comité Sportif d’Organisation ont choisi d’établir la plateforme de départ au niveau de la piste Omega, ce qui garantira tout de même l’équité et la dimension sportive de cette grande épreuve.
Deux médailles d’or olympiques seront au départ, dès samedi, avec Julien ABSALON (Orbea) et Anne-Caroline CHAUSSON (Ibis).
Les trois plus grands spécialistes de la Descente Marathon s’aligneront aussi : Remy ABSALON (Commencal), double vainqueur 2008 et 2010, le Suisse René WILDHABER (Trek), également double vainqueur à la Réunion, et Franck PAROLIN (Vertical bike), quadruple vainqueur de l’Europ Cup Maxiavalanche.
D’autres pointures, qui font partie de la crème des riders internationaux parmi lesquels Cedric GRACIA (CG Racing Brigade Santa Cruz), Karim AMOUR (Kona), François BAILLY-MAITRE (Scott Les Saisies), seront également au départ pour contrer le Team Réunion emmené par Fabrice BARRET (Cilaos Bike team), Alexandre SICARD (Team Specialized Julbo Reunion), Florent PAYET (Réunion) ou Romain MAILLOT (Club ACSB).
Ce qui est assez magique pour les concurrents amateurs qui participent à une Megavalanche, c’est le privilège d’avoir peut-être la chance de prendre le départ aux cotés de ces athlètes de premier plan. Et notamment, le déroulement de l’Enduro, sur lequel ils s’élanceront quatre par quatre sur les liaisons, offrira sans doute l’occasion d’engager la conversation…
Megavalanche, 17ème : Nouvelle Formule Enduro
Pour sa 17ème édition, la célèbre Megavalanche de St Paul, sur l’Ile de la Réunion, va innover dans sa formule de compétition, avec l’introduction d’une épreuve d’Enduro en lieu et place des traditionnelles courses en lignes de qualifications le Samedi.
L’édition 2011 aura lieu les 26 et 27 Novembre prochains, et le Comité d’Organisation, avec tous les acteurs VTT de l’Ile, s’affairent depuis plusieurs semaines pour présenter le must des courses internationales de l’Océan Indien.
Un plateau de coureurs prestigieux avec la présence de 2 médaillés olympiques, Julien ABSALON (ORBEA) et Anne-Caroline CHAUSSON (IBIS), des plus grosses pointures de la Descente Marathon Enduro, Rene WILDHABER (TREK RED BULL), Florian GOLAY (CROSSROAD CYCLES-FELT) et Remy ABSALON (COMMENCAL), et de nombreux challengers figurant dans le Top Ten de cette spécialité.
La Megavalanche se déroulera sur le même schéma que l’édition 2010, en liaison avec le Parc National et les gestionnaires forestiers, depuis le parking supérieur du Maïdo jusqu’à Savannah. Là encore, les 400 participants attendus seront accueillis dans un décorum digne de la réputation de la Megavalanche puisque la ville de St Paul et le quartier de la Perrière mettront tout en œuvre pour installer la section finale au cœur du petit parc du « Moulin à eau ».
Pour rappel, la Megavalanche est une compétition pro et amateur. Tout candidat régulièrement inscrit, muni de son équipement (casque intégral, gants longs et coudières), capable de piloter un VTT de la nouvelle génération (de préférence tout suspendu), pourra participer, dans un premier temps, à l’Enduro de qualification du Samedi afin d’être positionné selon son classement dans son groupe de niveau, pour la Grande Megavalanche de Dimanche.
3 groupes : les 100 meilleurs, groupe Megavalanche Internationale, les 120 suivants, Mega Challengers et les autres, Mega Amateurs.
Il y a toujours un classement et une remise des récompenses pour chaque groupe.
Pour parler de cette nouvelle épreuve qualificative du Samedi : l’Enduro Megavalanche, il faut prendre en compte l’énorme potentiel que recèle la région par rapport à cette formule.
En effet, le développement des épreuves d’Enduro en Métropole et en Europe a redynamisé la pratique intermédiaire du VTT Alpin.
Les pratiquants en mal de descente, par manque de pistes ou d’équipements adéquats, les crosseurs, soumis à une exigence de plus en plus prenante en matière d’entrainements, et tous les riders, attachés aux valeurs originelles de notre discipline, trouvent avec l’Enduro le meilleur moyen de s’exprimer en VTT.
Nul doute que cette première agira sur la Réunion, comme sur le continent, et qu’une nouvelle dynamique verra le jour.
L’enduro Megavalanche présentera un parcours commun de liaisons, depuis l’entrée du sentier des remparts au Maïdo, jusqu’au domaine golfique de Bassin Bleu à Villèle.
Ce tracé sera ponctué de 4 épreuves spéciales chronométrées qui permettront d’établir le classement, et les espaces entre ces départs de spéciales devront être effectués dans un temps imparti, calculé sur la base d’une randonnée tranquille entre copains, pour donner le zeste de convivialité qui convient à ce type d’épreuve.
L’Enduro impose bien entendu une certaine polyvalence. Pour cette avant-première, les riders réunionnais et continentaux participants bénéficieront d’un gros crédit de descente de près de 2000 mètres, mais il faudra aussi aborder 400 mètres de dénivelés positifs, même s’ils sont hors spéciales chronométrées, les gros vélos de descente ne seront donc pas les mieux adaptés.
L’Enduro à la Réunion va se développer pour le plus grand plaisir des acteurs et des pratiquants. Bientôt, les organisations présenteront, à l’instar de la Métropole, des équivalences de dénivelés. Si les parcours de spéciales chronométrées sont généralement dans des configurations de descente et plutôt technique, les riders accèdent à leur départ à partir des parcours de liaisons sur lesquels le temps imposé tient compte d’un rythme délibérément doux mais néanmoins montant. La polyvalence des concurrents et de leurs VTT sont donc de mise pour goûter pleinement aux joies que procure cette spécialité.
Il est donc recommandé à tous les candidats de cette Megavalanche 2011 de s’inscrire au plus vite pour gouter les nouveaux plaisir que va offrir cette journée de qualifications et de découvertes et se préparer à parcourir le fameux tracé désormais sanctuarisé de la Grande Megavalanche avec sa nouvelle arrivée, qui offrira un magnifique et naturel rafraichissement dans la source du « Moulin à eau ».
Rejoignez-nous pour la dernière course de l'année, sous le soleil réunionnais !
Et un maillot offert aux 250 premiers inscrits ! ! !
"Station VTT" au Golf de BASSIN BLEU
Les travaux d’aménagement de la première « Station VTT » de l’Ile de la Réunion ont commencés la semaine du 02 Mars 2011 sur le domaine du Golf de Bassin Bleu à Villèle. Un projet concocté par George EDWARDS et Stéphane ANDRE.
2 tracés sont déjà conçus : l’un destiné à la promenade et l’autre un peu plus étendu, agrémenté de passages plus joueurs et surtout donnant sur des lieux remarquables du patrimoine de l’Ile de la Réunion.
Le concept de la 3ème piste est destiné aux amateurs de sensations puisqu’elle sera basée sur la réalisation d’un Bike Park dont la plateforme de lancement se trouvera juste en dessous de la piscine du Club House pour dévaler jusqu’à Moulin Kadher.
Les spécialistes du façonnage de tremplins, dirigés par Christopher HATTON ex vedette du circuit international de Slope Style sont à l’œuvre et ont été dépêchés spécialement de Métropole pour construire ce qui sera le premier « Stade de Descente VTT » de l’Ile de la Réunion.
L’inauguration est prévue pour les semaines qui viennent et nul doute que les acteurs du VTT, qu’ils soient sportifs, associatifs et institutionnels, connaitront une embellie et s’y reconnaîtront. . .
Reportage 2010 de Hervé DOULAT - 26in
Lorsque l'on débarque avec nos gros bagages plein de vélos à l'aéroport Rolland-Garros deSaint Denis, que les portes automatiques qui s'ouvrent vous placent face à un sèche-cheveux brûlant, le choc est brutal et le dépaysement instantané en cette fin de novembre grise et humide en Europe. Tout de suite on veut sortir les maillots de bain (et la crème solaire pour les plus expérimentés !) pour célébrer la chaleur retrouvée, et déballer les bikes pour profiter du terrain que l'on a sous les yeux afin d'attaquer les trails de carte postale qui nous entourent. Mais inutile de s'enflammer, on est là pour une dizaine de jours alors tâchons d'en profiter sereinement...
Première étape : l'installation au Village de Corail. Ces bungallows au bord de l'océan sont, au fil des ans, devenus emblématiques. Pas vraiment luxueux - voire vieillissants - ils sont l'espace de cette course-séjour un village de riders puisque le gros des européens venus participer à la Méga y est logé. On va donc vivre entre nous pendant cette grosse semaine et c'est fort plaisant. Nous qui nous croisons en général le temps d'un week-end bien rempli au fil des courses, voilà que nous disposons de tout notre temps pour organiser nos sorties, aller à la plage ou tout simplement discuter autour d'un verre à la piscine. Tous mélangés, il n'est pas interdit d'aller discuter avec ceux que nous ne croisons habituellement que dans les magazines ou vite fait au coin d'une course. Ils sont bien là et n'était ce la peur de déranger, on irait bien parler des heures avec eux. Qui ça ils ? Et bien il y a autour de la piscine une pléthore de titres planétaires avec Nicolas Vouilloz, Anne-Caroline Chausson, Nino Schurter, Fabien Barel, Julien Absalon, sans oublier le gratin de l'enduro avec Rémy Absalon,Jérôme Clementz ou Florian Golay.
On ajoutera une pincée de DHeux tels que Fabien Cousiniéou Ludo May, de crosseux avec François Bailly-Maitre et on en passe. C'est bien simple : il y avait plus de légendes du VTT réunies au Village Corail que de bananiers. Ca n'a aucun rapport, je sais, mais c'est ma façon de rapprocher performance sportive et exotisme...
L'exotisme, tiens, justement, parlons en. Rider à la Réunion est difficilement descriptible car ça n'a rien de particulier et en même temps, ça n'a rien à voir avec ce que l'on peut connaître. La végétation est incroyablement variée, notamment du fait des dénivelées très importantes offertes par les pentes vertigineuses de l'île. Ainsi le Maïdo, lieu du départ de la Méga, à près de 2000m d'altitude, offre une vue directe sur l'océan vers lequel les coureurs vont plonger. Du même Maïdo on surplombe le cirque de Mafate sur l'autre versant, comme depuis un avion. C'est réellement très impressionnant, même pour un alpin chevronné ! Ainsi des sommets à la plage, on va en quelques minutes parcourir des dalles de roche volcanique parsemées de buissons au vert intense, des jungles de cryptomérias et de bambous avant de traverser de vastes champs de cannes à sucre entrecoupés de magnifiques arbres fleuris, cactus et autres palmiers.
Le terrain est, du coup, lui aussi très variés : dalles, singles à racines et marches, chemins larges empierrés, tout y passe et le rider trépasse (de plaisir !). Ajoutez à cela les variations dues à une météo très changeante et vous aurez une petite idée de la façon dont vos capacités d'adaptation sont misent à l'épreuve. Bref, du coup les 1ers jours du séjour sont tout autant consacrés à reconnaître le parcours qu'à découvrir les richesses immenses de l'île Bourbon (c'est l'ancien nom de La Réunion). C'est ce que nous avons fait, en bonne compagnie, comme tu as pu le lire dans notreprécédent article ami lecteur.
Mais au fil des jours on sent la tension grimper et le mode course s'installer. En effet, on arrive (trop) vite au vendredi et donc aux reco officielles. Ca y est, le parcours est balisé et les derniers coups de pioche ont été mis. On commence à parler trajectoire ou pneumatique et sur ce parcours long et exigeant, chaque détail va compter. Les plaques de cadre sont installées et le vendredi soir, le calme règne sur le Village Corail...
Les qualifs du samedi sont programmées l'après-midi et reprennent le parcours de l'édition 2009. Un parcours correspondant grosso-modo au dernier tiers de la Méga et disons le, qui n'a pas grand chose d'excitant... Très roulant au début avec de grandes pistes au milieu des champs de cannes à sucre, il se termine sur un large chemin défoncé au possible qui met tout le monde à rude épreuve. Les hommes comme les machines. Malgré cela, tous les favoris sont au rendez vous de leur vague respective, à l'exception notable de Jérôme Clementz qui, victime d'un bris de chaîne, ne pourra pas défendre ses chances le dimanche. Les bonnes sensations viennent du côté de Fabien Barel qui semble remis à 99% de sa grosse blessure au fémur, et deCédric Gracia qui confirme sa bonne prestation sur la Maxi de Vallnord et que sur le plan du foncier, il n'a pas grand chose à envier aux ténors de l'endurance. Voilà qui est de très bon augure pour le spectacle du lendemain !
Le dimanche il faut se lever de bonne heure pour se rendre au sommet du Maïdo et prendre le départ de la Méga pour laquelle chacun s'est qualifié. Honneur à l'élite homme qui bénéficie d'excellentes conditions de course, le terrain ayant bien séché et le beau temps étant de rigueur. Ca va rouler plein gaz c'est clair ! Et en effet, au bout de 100m le ton est donné avec les gros starters que sont Fabien Cousinié et Fabien Barel qui dominent les premiers kilomètres sur les crêtes. Nino Schurter est là également, très vite rejoins par Rémy Absalon qui a manifestement décidé de prendre la course à son compte. Et de fait, le vosgien prend rapidement les commandes et creuse très vite un écart d'une dizaine de secondes, puis d'une vingtaine à l'arrivée sur la route des cryptomérias qui marque le premier tiers du run. Derrière, profitant des nombreuses sections techniques, c'est Nicolas Vouilloz qui endosse le statut de challenger immédiat de Rémy, suivi de Nino Schurter, Fabien Barel, Julien Absalon, Cédric Graciaet Fabien Cousinié. Hélas, ce dernier devra bientôt abandonner sur casse de son amortisseur qui provoquera à son tour la casse du cadre. Dommage pour celui qui avait fait un beau podium l'an dernier et qui semblaient dans d'excellentes dispositions.
Les places évolueront peu jusqu'à l'arrivée, les duels se déroulent à la régulière et sacre Rémy Absalon maître incontesté du Maïdo. Derrière, Nico Vouilloz se bat pour conserver sa 2ème place qui, si elle ne le satisfait bien sûr pas, n'en constitue pas moins une belle performance compte tenu du plateau. Nino Schurter s'empare de la 3ème place, bien loin de Rémy mais devant Julien ! Le duel annoncé et revanche de Flims n'aura donc pas vraiment eu lieu tant le rider Commençal a semblé au dessus du lot. L'envie de bien faire était très forte chez le vosgien. Suivent dans l'ordre Julien Absalon donc, Cédric Gracia et Fabien Barel. Jérôme Clementz s'empare de la 7ème place grâce à une remontée incroyable, le rider Cannondale ayant du doubler une bonne quarantaine de concurrents. Dommage qu'il n'ait pas eu la possibilité d'aller titiller Rémy car il était sans doute le mieux armer pour cela. A la 8ème place on retrouve le métronome suisse Florian Golay (aka le saumon valaisan pour son aisance dans les rouleaux de l'océan indien...), puis Alexandre Sicard, premier réunionnais et enfinGwen Fouché pour conclure ce très beau top10.
Du côté des filles, la course s'est résumée à la représentation d'Anne-Caroline Chausson dont on a pu une fois encore mesurer la popularité et bien sûr le talent, pas vraiment mis à l'épreuve par une concurrence hélas très disparate.
Seule fausse note relevée, l'enthousiasme parfois excessif de certains locaux (heureusement peu nombreux !) à vouloir rester maîtres chez eux, qui a mis les nerfs des organisateurs et de certains concurrents témoins de comportements anti-sportifs à rude épreuve. Cet excès d'agressivité est de nature à quelque peu ternir cette grande fête du vélo qu'est la Méga de la Réunion mais le bilan de cette 16ème édition restera néanmoins très largement positif. Le statut de grand rendez-vous sportif acquis par l'épreuve est maintenant avéré, dans cet écrin fabuleux qu'est La Réunion, conférant à cette mégavalanche australe son caractère de passage obligé dans la vie d'un rider.